Bomberos… euh Pompiers du Var, France

Mon dernier article concernant les sapeur-pompiers. J’en ai terminé des matafis égyptiens, des firemen indiens et Népalais et aujourd’hui des Bomberos Sud-Américains. De retour au bon vieux pays du fromage, après les retrouvailles, il est temps de reprendre vie, de donner un état des lieux de la situation, ou, simplement pour le plaisir, de rajouter un petit article amusant sur ces centaines de pompiers que j’ai rencontré ou cotoyé tout au long ce fabuleux voyage.

Juste avant un dernier article de conclusion, une petite friandise supplémentaire. Parlons un peu des pompiers.

Pompiers de Sucre, Bolivie, état du dossier

En Bolivie, le hasard du parcours avait mis sur ma route une caserne Bolivienne, saccagée. Complètement détruite suite à des manifestations ayant eu lieu il y a presque un an, la ville de Sucre ne possède plus les moyens de se protéger contre l’incendie. Les véhicules ne fonctionnent plus, il n’y a plus de matériel, plus de tuyaux, plus d’équipements de protection. Les pompiers interviennent avec leur unique extincteur ou en distribuant des seaux aux badauds. La catastrophe. Je leur avait promis de transmettre leur appel à l’aide aux pompiers français, dès mon retour. Voilà où j’en suis:

 

 

Le dossier avance, petit à petit. J’ai traduit et transmis la lettre à mon commandement. Je leur ai fait un état des lieux de la situation désespérée dans la ville de Sucre. Et ils me font part de leur avis sur la question. A leurs yeux, il y a de grandes chances pour que ce genre de don, fait à une caserne qui ne possède plus les moyens, soit accepté par le conseil d’administration. De nombreux véhicules arrivent chaque année à la réforme, et le service départemental, en les revendant, n’en tire qu’un très faible profit. Il accepterait donc sans doute de les offrir gracieusement à un pays défavorisé. Le point négatif est qu’à l’inverse, les élus risquent de ne pas vouloir ou pouvoir prendre en charge le transport, par bateau, jusqu’à l’autre continent. La question reste donc ouverte. Ma caserne a déjà fait un don de quelques véhicules en Europe de l’est, il y a quelques années, et tout s’était bien passé.

Rien n’est fait. Il reste encore de nombreuses incertitudes. Je continue à m’occuper du dossier, à chercher un moyen de transport, à contacter des associations ou casernes ayant déjà ce genre d’expérience pour étudier la question.

Il est encore trop tôt bien sûr pour connaitre le fin mot de l’histoire, mais les évenements se goupillent plutôt mieux que je le croyais. L’espoir est toujours là.

 

Les Pompiers, ces anges-gardiens

Je vous propose dans ce chapitre quelques réflexions sur les sapeur-pompiers, accompagnés de photos d’hommes du feu, provenant de partout dans le monde, prises durant ces plusieurs mois de voyage. Au risque de briser un mythe, et parce que c’est plus drôle que les photos calendrier, mon chapitre aurait aussi pu s’intituler: Les pompiers, de vrais têtes de vainqueurs.

 

Une conclusion déjà, partout dans le monde, quel que soit la caserne, son matériel, sa pauvreté, nous rêvons tous de la même chose. Nous rêvons d’être des héros.

 

Même en Bolivie où ils ne possèdent rien, même au Népal où ils recoivent des pierres. On l’entend partout, annoncé différemment, mais à interpréter de la même manière.

” Aller en enfer. Chercher quelqu’un. Revenir avec.” La suie sur le visage, la fatigue plein les veines, les muscles endoloris.  Ces hommes, au visage noircis, aux tenues maculées de cendres, qui recoivent, parfois, une bouffée de reconnaissance.

 

Dans nos pays développés, le pompier d’aujourd’hui a changé. Il est stable, réfléchi, ses faits et gestes sont appris et minutés à l’avance. Il a perdu en prouesse, gagné en efficacité. Il ne réalise pas d’exploits, mais ne prend pas de risques inconsidérés. Plus d’efficacité, plus de sécurité, moins d’héroisme. Nous y avons gagné tellement de vies. Mais a t’on perdu une partie du rêve du pompier, la partie qui fait vibrer d’admiration les petits enfants, celle qui met à jour et fait vivre tant de vocations.

Non, elle est toujours là, en nous, et qui plus est partout dans le monde.

 

 

Une autre fois en Inde, un pompier m’a expliqué sa vocation d’une manière totalement différente. Il m’a tenu à peu près ce discours.

“Moi contre mon frère, moi et mon frère contre mon cousin, moi et mon cousin contre les autres” pour ne pas nous battre les uns les autres. Nous avons tous besoin d’un ennemi. Un ennemi commun lie les hommes plus que tout le reste.

Le pompier lutte contre le meilleur ennemi commun qui soit, le feu, l’éboulement, la catastrophe naturelle. Il arrive dans ces moments là qu’un élan de solidarité se crée. Soudainement, les voisins viennent vous aider à nettoyer votre sous-sol après l’inondation. Brusquement, tout un village se sert les coudes pour déblayer la route, alors que tout le monde se disputait depuis les élections. On se soutient les uns les autres. 

Si bien que sur les cendres d’un incendie de forêt, renaissent les graines de la solidarité. “Nous allons nous remonter les manches, nous allons déblayer, nous allons replanter la forêt”. Un élan est né, de paix, de projets et de solidarité, qui survivra sans doute seulement quelques jours, ou quelques semaines, mais durant lequel bizarrement, l’Homme n’était plus un loup pour l’Homme. L’Homme s’entraidait, la vie était belle, un fragment d’Histoire qui, à chaque occasion, frôle l’Utopie.

“J’aime vivre ce moment”, me disait-il, et je suis à chaque fois fier d’y contribuer, d’encourager les élans, de reconstruire là où il ne reste que des ruines, entouré de tous, main dans la main.

 

La philosophie indienne, fataliste, n’est sans doute pas pour rien dans cette façon de voir les choses, mais j’ai trouvé son explication quoi qu’il en soit plus qu’interessante, et il faut avouer qu’elle possédait sans nul doute une part de vérité.

“Le feu est notre ennemi commun, pas les Hommes. Unissons-nous”

 

Il y a tant à dire sur cette vocation. Chaque pompier connaît à lui seul assez d’anecdotes et d’histoires pour animer à lui seul tous les repas de son existence. Les pompiers, ces anges-gardiens? simplement des hommes modestes, qui ne réalisent en réalité aucun exploit. Mais rêveraient d’être capable d’en faire plus. Le pompier idéal, héroique, unique, véritable dieu, idole payenne, est inaccessible. On essaye de le suivre, c’est si agréable, mais ne lui ressemblons pas trop, ce serait trop risqué.

 

Ceci était mon dernier article sur les sapeurs-pompiers. Pour essayer d’en finir en beauté, et sur une note d’humour, voici l’album “Les pompiers, ces têtes de vainqueur”

 

Album photo

Les pompiers, de belles têtes de vainqueurs… en effet:

  

 

 

 Une belle bande de héros, sous les slips et les caleçons après la lessive. Les hommes du feu de Varanasi (Bénarès)

 

 

 

 

 

J’adore en Inde, voir les pompiers sonner la cloche à la main en intervention. Sacré boulot… qui donne des crampes au bras.

 

 

 

 

 

Fier de porter l’uniforme.

 

 

 

 

 

Mais réveilles-toi!! Pas bien dormi cette nuit?

 

 

 

 

 

 

 

 Il déteste faire la cuisine. Dur-dur le boulot de pompier au Népal.

 

 

 

 

 

 

Centre de réception des appels d’urgence. Une journée ici, ca doit vous paraitre long? La réponse se lit sur les visages.

 

 

 

 

 

 

Le regard du héros, du chef, dur, sérieux. De glace.

6 mois d’entraînement.

 

 

 

 

 

Il est beau hein? mon extincteur?

 

 

 

 

 

 

 Yeux fermés, on dirait un moine bouddhiste en méditation, au beau milieu du dortoir de la caserne, dans un désordre cahotique.

 

 

 

 

 

C’est votre chemise d’intervention? A pokhara, on ne badine pas avec les équipements de protection individuels.

 

 

 

 

 

 Pompier égyptien. Pourquoi tu me regardes comme ça? Quoi elle tient pas toute seule, ta porte coulissante?

 

 

 

 

 

 

Sac médical, rempli de matériel neuf, bon on n’y touche pas, on sait pas trop à quoi ça sert.

 

 

 

 

 

Photo numéro 23, acteur principal: moi. J’ai pas la classe?

 

Et il est content en plus?

 

 

 

 

Au Chili, un vrai fan des pompiers français…

Vrai de vrai.

 

 

 

 

 

Emblème d’un corps de sapeurs équatoriens. Malheureusement, nous ne ressemblons pas tous à ça! Ou heureusement. Je ne leur ai pas demandé s’ils partaient eux aussi en intervention torse nu, avec une hache et un jean moulant :-)

 

 

 

 

 

Fais pas cette tête, il est beau ton drapeau. Heureusement, la deuxième prise était parfaite.

 

 

 

 

 

 

Prêt pour le combat. Sucre, Bolivie

 

 

 

 

 

Ouvres un peu plus ta chemise! Oui très bien, c’est pour les lectrices de Pèlerin. Sourie, bouges tes cheveux. Un vrai pro.

 

 

 

 

 

 

Chez les pompiers, nous savons bien nous habiller… 10 ans, 4 ans et 20 ans d’ancienneté. Et le plus ancien est le plus drôle, débraillé avec son casque de travers

 3 anges gardiens… hum on est mal barré.

 

 

 

 

Un type qui m’a beaucoup plu, avec un humour fantastique, presque aussi fantastique que sa paire de lunettes :-) qui avouons le, lui sied à merveille.

 

 

 

 

 

Après la cérémonie d’hommage à la divinité censée veiller sur la caserne. (fumer des drôles de choses à base de végétaux) ;-)

India.

 

 

 

 

Un héros se doit d’avoir du style, le collègue du précedent, moustachu, pour la gloire.

 

 

 

 

 

La facette cachée du métier de pompier.

 

 

 

 

 

 

Pompier égyptien de… Ah ben non.

Pompier de profil.

 

 

 

 

Un apprenti… armé de sa planche à découper le saucisson, un jour de repos au fin fond de la Lozère

Après avoir ri d’un peu tout le monde, pour les venger, je me devais d’en faire autant sur moi-même.

 

 

 

 

Qu’il est bon de conclure le thème des pompiers du monde, en revoyant ces images, ces personnes que j’ai cotoyés, qui m’ont invités, montré, expliqués. Chacun vivant et interprétant sa passion à sa manière. Pas des héros, mais tous étaient plus accueillants les uns que les autres. Merci encore.

Dernier article: Conclusion du voyage,… pour bientôt

 

15/09/2008

5 Réponses pour “Bomberos… euh Pompiers du Var, France”

  1. Redigé par La Soeurette:

    Superbe ton Album des têtes de vainqueurs :D
    Déjà que beaucoup de filles rêvent des beaux pompiers musclés,
    Si en plus ils vont en intervention torses nus,en jean moulant,
    une hache à la main… ^^
    Tous les pompiers ont vraiment des bonnes têtes de vainqueurs,
    même toi avec ta planche à découper le saucisson :D
    (surtout que la photographe de cette dernière photo est vraiment
    une pro!! ^^ lol ).
    Gros Bisous Frérot, ça fait plaisir de te retrouver à la maison :)

  2. Redigé par Floriane:

    hey j’adore ton nouvel article j’adore comment tu commentes tes photos ca rend super bien lOl Et oui ton voyage vers les pompiers du monde est fini mais il te reste un long chemin à parcourir pour découvrir toutes les facettes du monde que l’on connait si peu finalement! Je t’embrasse fort!
    PS: je viens de finir mon italien 2H30 de buchage!!!

  3. Redigé par sergent Scion Julien:

    de superbes articles ! pouvez vous nous contacter.
    cordialement.

    sergent scion julien
    service relation presse des pompiers de Paris
    rédaction deu magazine allo dix-huit
    redaction.allo18@pompiersparis.fr
    01 47 54 68 26

  4. Redigé par ESSOUFI Mohamed:

    Salut raphael, c’est momo (le copain de ta cousine).
    FELICITATION pour ce que tu as fait, fallait avoir les couilles…
    Moi qui me disais que tu ne me rendrer jamais mes palmes, en fait t’étais pas là.
    Encore un grand bravo, j’espére que tu réalisera d’autres rêves comme celui-ci.
    Bye

  5. Redigé par lalo:

    j’ai été sur ce site pour faire un exposé

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