Rajasthan

J’ai fini par quitter le Nepal, un peu triste, mais me reconfortant en essayant de m’imaginer ce que j’allais decouvrir ou qui j’allais rencontrer dans les prochains jours. Mais l’avenir est opaque, et la surprise restera, comme toujours, totale. Je decide donc de prendre les transports en commun, et de rejoindre le plus rapidement possible, part voie terrestre, Dheli, puis le Rajasthan.

Le recit de ces quelques jours, raconte en quelques anecdotes.

Au revoir le Nepal, ( je viens d’effacer le mot adieu, le premier que j’avais tape sur mon ecran d’ordinateur, c’est sur, je le sais maintenant, je reviendrais)

A Pokhara, je me suis lie d’amitie avec une famille de restaurateurs, dont nous voyons souvent les photos sur ce blog. Pendant 4 jours, j’ai mange chez eux, les enfants s’asseyant a cote de moi pour faire leurs devoirs, les parents me distribuant du ‘rab’, quand je n’etais pas assez rassasie, et me faisant gouter a de petits plats typiques.

Le jour du depart arrive. Difficile.

Pendant mon dernier repas, deux des plus jeunes enfants s’assoient a cote de moi, et construisent, avec des morceaux de papier et du materiel a coloriage (enfin ce qu’il en reste, dur de trouver des crayon, stylos et feutres a bons prix au Nepal) des origamis, avec un talent certain, que je decouvre petit a petit. Il s’agit en fait d’une rose, a moitie mal-coloriee, mais tellement bien reussie. Ils ont appris ce pliage a l’ecole, et sont fiers de me le montrer et de m’en offrir un exemplaire pour mon depart. Le geste est si emouvant, et offert si naturellement! Heureusement que je ne suis pas emotif. Sinon, je ne serais jamais reparti.

Au moment de payer mon dernier repas, une idee me prend, me travaille, et je ne resisterai pas a la tentation de la realiser. C’est un repas simple, du riz des legumes, des galettes de pain, de l’eau minerale ( et un milk-shake noix de coco, mon petit peche mignon…). Le tout devrait valoir une centaine de roupies. Sur de moi, j’en pose 150 sur la table. Le pere est intrigue. Depuis le temps que je viens manger chez eux, je connais les prix. Il ne comprend pas, et recompte. Pour le plaisir, je recompte avec lui. Le jeu est si agreable. ‘ 75… 100 roupies et… j’ai oublie quelquechose…: Ah oui, je me souviens!’ Je ressort ma rose en papier, triomphant. ‘ 50 roupies pour la fleur !’

Le pere acquiesce en souriant, acceptant ce pourboire (backshich) un peu eleve, comme cadeau d’adieu. Du coin de l’oreille, les deux enfants m’entendent et affichent une mine rayonnante, encore plus fiers, devant leur pere, de leurs talents de constructeurs d’origamis. Les adieux sont presque dechirants, mais signent la fin de mon sejour au Nepal, et le debut d’une nouvelle histoire, d’un nouveau depart.

 

Un long et tumultueux chemin

La route est longue, je le sais. Je dois traverser la frontiere, puis la totalite de l’Inde, dans sa largeur, pour atteindre ma destination. Mais la, surprise, je m’apercois avec plaisir que je commence a m’habituer de plus en plus aux transports en communs. Je saute de bus en bus en trains en rickshaw avec l’adresse d’un cabri ;-) Je m’arrete deux heures a un endroit, mange sur le pouce, dort assis au fond d’un bus bonde, puis redecouvre avec plaisir la population, la densite, les couleurs, l’ambiance de l’Inde. J’atteins Dheli en un peu moins de 40 heures puis Udaipur au Rajasthan 20 heures plus tard, et apres 3 bons jours de route.

Dans mon premier bus, le chauffeur, un Nepalais, est un fou du volant, et, mauvais melange, les passagers l’encouragent. Je passe un de mes moments les plus memorables, et des plus effrayants, a l’interieur d’un autobus. Nous bondissons, a chaque bosse, et dieu sait qu’elles sont nombreuses sur les routes Nepalaises et Indiennes, nos fesses s’elevant a chaque fois d’une vingtaine de centimetres au dessus de nos sieges. Par moments, nous nous regardons, entre passagers, pendant ces quelques instants d’apesanteur ou nous flottons, tels des moines en transe, le sourire, l’excitation, ou la frayeur, fretillants et lisibles sur nos levres. Et le chauffeur continue, a prendre son elan pour de nouvelles bosses, poussant des ‘Yipiiees!!’ a chaque decollage, et des eclats de rire a chaque atterrissage.

Il existe des avions, ou plutot de mini-fusees, qui montent a toute vitesse vers le ciel, puis relachent brutalement les gaz, decrivant une phase de parabole et de chute libre propice aux travaux des chercheurs. C’est aussi faisable en autobus. La NASA aurait du y penser. Je reverrais sans cesse ces instants, parmi mes souvenir les plus brefs, qui parraissent durer une eternite, durant lesquels une fois encore, tous les passagers, enfants, adultes, mamies, s’elevent a l’unisson, restent immobiles, quand le temps s’arrete, et que l’estomac continue de s’elever. A cet instant, je suis persuade que les roues de l’autobus ne touchent plus le sol.

Puis le fracas de la chute, nous rebondissons tous sur nos sieges, une fois de plus, nous massons le crane, pour les plus grands, dans une ambiance hilare. ( et les plus heureux ne sont pas ceux qu’on croit. les mamies par exemple scandaient le nom de chauffeur et en redemandaient. De mon temps…, nos chers anciens etaient beaucoup plus calme.)

Dans le train de nuit, vers Udaipur, un gentil indien m’invite a dormir chez lui. Malheureusement, il habite trop loin de ma route et je n’ai plus assez de temps pour m’arreter en chemin. Dans une autre gare, pour la premiere fois de ma vie, j’aide un indien de souche a se reperer et a trouver son train (si si, comme quoi a force de les utiliser, on commence a y comprendre quelquechose), Un autre souvenir, une rame de train remplie entierement de touriste (a Dheli, ils nous parquent), un peu different, mais de belles rencontres neanmoins avec des danois et des anglaises fraichement debarques et encore tous perdus et effrayes par ce pays et son desordre) Puis enfin, je me pose a Udaipur, avec deux francais et un israelien. Nous visitons le Moonson Palace, au sommet d’une montagne, berces par le vent chaud et les chants d’un couple indien. Ici, je touve enfin le pays des Maharadjas, qu’il fallait absolument que je vois avant de quitter l’inde. L’un des plus beaux palais de la ville est au milieu du Lac. Et quand l’eau est assez haute, les couples y accedent en bateau, de nuit, au milieu des etoiles. Le Palais, tout de marbre blanc, promet un moment romantique digne des mille et unes nuits. Ca fait rever. (le prix de la nuit aussi, plus de 4000 dollars pour une suite presidentielle). Un somptueux palais de mahadjas, vieux de plus de 3 siecles, au sein duquel il vivait et accueillait ses hotes de marque. Ma bourse n’allant neanmoins pas jusque la, je me contenterais d’une guesthouse dans la vieille ville, mais berce continuellement par la magie des lieux d’Udaipur la blanche.

Pour ceux qui connaissent deja, je viens de voir dans la rue une ambulance pour animaux. En effet, c’est etonnant, en attendant d’en apprendre un peu plus…

 

 

Je me laisse aller, profitant du coucher de soleil depuis le palace, les collines a l’horizon, le palais sur le lac a mes pieds, la lumiere tamisee du coucher de soleil a travers la brume, et les voix claires de ce couple indien. Tout ca m’emporte dans un tourbillon, de pensees, de musique, et de romantisme. Dans ma tete je reconstruis l’histoire, les querelles entre maharadjas, les mariages inter-ethniques, trahisons, guerres vengeresses, attaques Rajpoutes, musulmanes, Mogholes. L’harmonie des lieux, l’echeveau des siecles, tous ces elements se demelent, petit a petit, et se fondent, avec la beaute des Rajasthanis, leur finesse, les couleurs de leurs costumes, la beaute de leurs saris, … dans un etat de grace naturelle.

Me voila au Rajasthan. 

 

 

 

 

 

 

Yoon, un coreen fan de “Barnare BereBare”(comme il l’ecrit), le plus que celebre ecrivain francais en coree, auteur des ‘fourmis’. Je comprendrais enfin qu’il s’agit de Bernard Werber.

 

 

 

 

 

 

                                                                                                      Pour garder la forme…

 

 

 

 

 

 

             Palais de maharaja

 

 

 

 

 

 

     Vraiment d’excellents chanteurs! Au milieu du temple, ils nous ont fait passer un moment magique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les singes rodent autour des tables de quelques touristes indiens se rafraichissant. Ils essayent meme de leur piquer un peu de nourriture...

 

 

 

 

 

 

…heureusement, un vieil homme veille, charge d’eloigner les trains a l’aide de sa fronde. Les pierres partent a une vitesse ahurissante, on croirait des balles de fusil. Pour le tester, je lui propose de viser ma bouteille d’eau, depuis une distance de quelques metres, Il l’eclatera a son second essai. Une vraie arme de chasse. Et la premiere fois que je vois quelqu’un qui sache vraiment s’en servir.

 

 

 

 

 

 

                                                          Joli profil de notre ami israelien en pleine seance photographique

J’essaie d’ici peu de recuperer des informations sur les pompiers Rajasthanis. A bientot.

06/07/2008

10 Réponses pour “Rajasthan”

  1. Redigé par phi:

    salut raph.aurait tu une carte de ton periple si oui joins la avec tes prochaines photos.allez a + et continues comme ca.philippe et christine

  2. Redigé par La bande à Jeannot:

    ça c’est une bonne idée et je m’associe à cette requête! toujours heureux de suivre tes aventures palpitantes ou romanesques. Grosses grosses bises de toute la bande à Jeannot!
    tata momo

  3. Redigé par Sylvain:

    super tous ces articles jusqu’a present^^
    je pense que tu pourrais faire un livre a ton retour;)
    bon courage raphael et puis a+

    sylvain

  4. Redigé par Les DUDU:

    Rafa, tu nous fais rêver et voyager avec toi, sylvain a raison tu pourrais faire un bouquin, continue a nous en mettre plein les
    yeux et comme le dis la chanson “poursuis ta route, poursuis ton chemin”. Gros bisous Lozériens. La Famille DUPUY

  5. Redigé par Leila:

    Namaste Raphael ! Je suis arrive au Nepal il y a cinq jours maintenant. Dommage que tu sois deja parti, on aurait pu se croiser ! Tu restes en Inde du nord jusqu’a quand ?
    Bon courage pour la suite et a bientot peut etre !
    ps : merci a toute ta ptite famille pour son commentaire, ca m’a fait chaud au coeur…

  6. Redigé par carmela:

    r coucou
    que le chemin a été long pour rejoindre l’inde depuis le népal… heureusement comme tu dis que tu as pris l’habitude des moyens de transport cahotiques..
    mais pas comme celui là;on dirait un remake d’un film comique tant tu décris la scène dans ses moindres détails .
    le livre tu l’as déjà fait! il ne manque plus qu’ a le publier!
    continue comme ça c’est encore une fois génial!
    toujours parfaites tes photos.
    ne t’attache pas trop à tes rencontres même si certaines sont plus fortes que d’autres….on souhaite et on attend ton retour….
    de tout coeur avec toi.

  7. Redigé par maité:g.v.:

    Toujours curieuse de connaitre la suite de tes aventures:je prends le relai de Carméla!Ton retour du Népal vers l’Inde, vu la distance, ne pouvait que t’apporter de nouvelles anecdotes à nous raconter! Nous les dégustons assis devant l’ordinateur. Tes adieux à cette famille népalaise montre que tu laisses un peu de ton coeur lors de rencontre exceptionnelle. Bon vent pour la suite de l’odyssée!

  8. Redigé par Sofia:

    Bonne route pour la suite, merci encore pour tes recits et merci de me permettre de suivre ta passionante aventure je m’y croirais par fois tellement tu y mets le coeur a la racconter. Bonheur a toi Raphael.

  9. Redigé par mi si do do# & Morgane:

    Bien content de prendre de tes nouvelles et en ce moment nous sommes nous aussi sur la route.
    Nous avons réceptionné Morgane, qui est arrivée du Québec Lundi matin, dans la foulée nous avons visité Paris
    avant de passer la soirée à Ste-Aulde puis déplacement à Nibelle pour aller visiter un super endroit nommé Guédelon,
    nous t’en parlerons. ;)
    Pas facile dans ces régions retirées du centre de la france de trouver un ordinateur.
    Demain, Jeudi, nous descendns vers Poitiers puis enfin la Lozère. <3
    A bientôt pour d’autres nouvelles!

  10. Redigé par Couzain keantain:

    Salut cousin,
    Je ne suis les epidodes de tes aventures que par periodes mais c’est toujours un plaisir de les lires.
    Un peu comme lire un boule et bill au toilettes… non je rigoles ;)
    Plutot comme lire un livre d’aventure immersif emmitoufler dans sa couette en hiver, c’est vivant ;)
    Bonne continuation en Ameriques du Sud
    Tchao!

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