L’Aventure en photos

Me voila, apres avoir fait du parapente puis un trekk dans les montagnes Nepalaises, je reviens tellement charge en photos et en souvenirs que je suis force de vous en livrer un apercu.

Pour commencer, une petite definition, le trekk au Nepal est une simple marche en montagne. Ca peut paraitre simple comme ca, on va se balader dans la foret, cool, mais a vrai dire, c’est beaucoup plus sportif qu’il n’y parait, et particulierement en periode de mousson, ou l’humidite et la densite de la vegetation rendent le milieu beaucoup plus hostile. Voici un petit apercu, en photos, de mes trois jours d’aventure, puis de ma partie de parapente.

J’ai decide, apres reflexion, de ne pas me rendre dans le sanctuaire (Annapurnas), parcours bien trop trace et touristique pour que je puisse y voir, en trois jours, des petits villages isoles et y rencontrer des habitants vraiment typiques. J’opte donc pour le col de Panchase, ou je pourrais successivement traverser des allees de rhododendrons, des forets luxuriantes, des prairies dangereuses, des cascades, des millions de coccinelles, des rizieres, des villages, des cols d’altitude… et tant de lieux au charme aventurier, vibrants de vie, ou a la merci des elements et de la mousson. 

 

L’Aventure

Premiere chose, la preparation, j’essaie de recuperer un maximum d’informations sur mes besoins indispensables pour partir en trekk. Ainsi, je rajoute du gros sel a ma pharmacie (pour lutter contre les sangsues), m’achete quelques biscuits, apprend par coeur mes etapes, les endroits ou je trouverais des abris pour dormir, manger, ecoute la meteo, et prend en note les moinndres conseils que me delivreront quelques Nepalais de confiance.

 

 

 

Mais je me rends vite compte d’une chose. Le trekk que j’envisage de faire est loin d’etre touristique, aussi mon plus gros souci devient rapidement le reperage. A priori, j’aurais sur mon chemin des dizaines de croisements, et meme des changements inedits que personne ne peut prevoir, dus a la mousson, et qui compliquent encore plus ma tache. Je me dois donc d,engager un guide. Je trouve Deepak, un petit homme Nepalais, tout juste pere, et grand connaisseur de la region, qui m’accompagnera dans mes peregrinations et je dois le dire m’apportera une compagnie joyeuse et pleines d’humour.

 

Nous partons donc, deux petites ombres au milieu de la mousson, et disparaissons dans la vegetation.

La marche grimpe et les mollets chauffent vite, mais le plaisir de l’aventure devient vite palpable. Pour commencer, nous evitons le plus possible l’herbe, sautant de pierres en pierres quand c’est necessaire, ou s’efforcant de faire de petits pas rapides, car la moindre zone herbeuse, si rase soit-elle, est infestee de centaines de sangsues aui rampent vers nous, affamees. C’est ahurissant!

Sur le chemin, quelques prairies occupees par des buffles. Ils ne sont pas vraiment commodes et n’hesiterons pas a nous charger quand nos batons et nos pierres ne les effrayeront plus. Et puis, mousson oblige, l’eau est partout… vraiment partout. Par endroits des ponts ont ete emportes. A d’autres, une riviere coule a la place du chemin, ou il nous faut traverser des lacs, en faisant des detours quand le courant est trop fort, en simplement se dechaussant parfois ou en escaladant des rochers pour traverser a sec quand c’est possible. Puis, depuis certains points de vue, on observe le paysage. Pendant la mousson, on peut voir sur le flanc d’une colline, dix, vingt cascades, petites ou immenses qui pulullent dans ce paysage brumeux et luxuriant.

Avec tout ca, il arrive ce qu’il doit arriver. Assez rapidement, on commence a se prendre pour le heros d’un bon vieux film d’aventure. On s’imagine traversant des rivieres dechainees, affrontant des buffles a mains nues (tout particulierement ceux qui viennent de nous faire courir comme des derates), ou abattant des sangsues de plusieurs metres. (une sangsue c’est tout petit… enfin avant qu’elle n’ait mange). Tout ca au milieu d’un brouillard souvent opaque, aveuglant, qui nous laisse baignant dans une atmosphere un peu irreelle, mais pleine de dangers (bien reels eux, surtout les buffles qu’on ne voit que lorsqu’on les a juste devant le nez). Bref, un heros arme d’un baton et d’une saliere

Mais pour le plaisir,

A traverser la montagne, escalader les cols, on finit par trouver les villages, les rizieres, par rencontrer les habitants, enfin de vrais Nepalais, qui vivent en quasi-autarcie, et par moment, une eclaircie, l’horizon se libere… et nous devoile les Annapurnas.

Deepak, un vraiment grand connaisseur de la region, a meme des amis dans les petits villages et nous dormirons la deuxieme nuit chez une famille Nepalaise, comme qui dirait chez l’habitant, ou nous trouverons repos, de quoi nettoyer nos pieds et nos chaussures baignants dans le sang (les sangsues doivent avoir quelques poisons anti-coagulants, car leur blessures, pourtant si fines, ne s’arretent jamais de saigner.)

D’ailleurs, je pense que l’etat des chaussettes au retour d’un trekk est un bon indicateur de l’aventure et du chemin parcouru. Si on etudie les miennes, on peut trouver quelques couches de boue, des troues, le signe de quarante lavages a la pluie, aux ruisseaux et aux cascades, la bouse de buffle, une ou deux sangsues, quelques coccinelles, et du sang…(comment ai-je pu en perdre autant?). Par pudeur, :-) je ne mettrais pas les photos sur le site, mais je les garde bien au chaud pour les intimes aui pourront supporter le choc de telles images.

 

 

Parapente

Au depart, l’adrenaline monte, les battements de coeur s’accelerent s’emballent. Je le cache du mieux que je le peux, mais il faut avouer que je n’en mene pas large, meme si je saute en duo avec un pro. Le pire moment etant celui ou il faut courir, et sauter… dans le vide, en esperant que ca vole. Heureusement pour moi, ca vole!!! yeeeaaaaah!!! C’est bizarre comme dans ces moments la, les cris de joies sont liberateurs.

Je garde mon appareil photo sur moi qqs instants, le temps de capturer deux ou trois souvenirs, puis le range, bien a l’abri.

Et alors la commence le reve, je m’imagine volant seul, sans parapente, nous rasons les cimes des arbres puis remontons… lentement souleves par les courants d’air chaud. Puis devant mes yeux ebahis, les nuages s’ecartent, et quelques Annapurnas s’offrent a moi, illumines par le soleil.

Une chance enorme… et un moment magique.

 

La suite, simplement en photos, puis commentaires

 

                                                                                        Photo des Annapurnas prise depuis le trekk 

 

 

 

 

 

 

                 Mon Ombre.

 Les gens ici, vivent comme il y a 150 ans chez nous, dans les contre-forts de la Lozere, de l’Auvergne, ou du Puy en Velay :-) Les montagnes sont parsemees de paturage, et la vie est rythmee entre la recolte des culture et le gardiennages des buffles et des vaches.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Une petite ‘flaque’ au milieu du chemin

 

 

 

 

 

 

                                                                                       Des buffles… et ils ne sont pas commodes

 

 

 

 

 

 

       Auberge des 3 soeurs, la cuisine

 

 

 

 

 

 

                                                                                      au col de Panchase, on trouve des arbres roses

 

 

 

 

 

 

Les trois soeurs vivent dans un petit vilage de 6 habitants, le camp de base du Panchase, a un jour de marche de la moindre route. Elles ne se sont jamais maries et vivent en hebergeant les trekkeurs perdus dans la foret et en leur faisant gouter leur bons petits plats et leur lait de buffle.

 

 

 

 

 

 

                                                                                        Vainqueur du Panchase… sous la mousson

 

 

 

 

 

 

Pour le plaisir des yeux… une bouse de buffle (a moins que ce ne soit un touriste malade lol)

Une sangsue, pour ceux qui n’en ont jamais vues, en plein deplacement, sur une feuille. Toute fine avant de manger, elles multiplient leur volume par 4 ou 5 une fois qu’elles ont aspires votre sang. Le vampire des herbes Nepalaises. Apres avoir oeuvres, elles s’en vont, repletes, et vous laissent une plaie sanguinolentes toujours tellement indolore que vous ne vous en apercevez que quand vous en avez mis partout.

On les tuent facilement a coup de sel. Donc pour etre en securite au Nepal, pendant la mousson, n’oubliez pas vote saliere, elle risque de devenir votre meilleure arme.

Pendant la nuit, il se mettra a tomber une averse de mousson comme je n’en avais jamais vu. Si forte que j’ai peur que le vieux toit de chaumes et la petite maison s’ecroule. Content neanmoins de l’avoir decouvert a l’abri…

Et le lendemain, inondation, eboulements, la pluie de la nuit a tout emporte et compliquera notre trajet.

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                 tellement d’eau… partout.

   

 des cascades, des rivieres partout. Dans la colline que l’on voit sur la photo, si l’on prend un plan plus large, on peut denombrer une bonne quinzaine de chutes d’eau. Impressionnant et magnifique.

 

 

 

 

 Des paysans, travaillent dans les rizieres. Chaque jour, ils mangent du riz (Dal Bath), matin midi et soir, a 9h, 15h et 20h. A vrai dire c’est mieu equilibre que nous. Toute les reserves autour du village servent simplement a nourrir les deux ou trois familles presentent, qui peuvent ainsi vivre sans l’aide de personne

 

 

 

 

 

Un de mes meilleurs souvenirs. A la fin de note periple, nous traversons une riviere, de l’eau jusqu’au cuisse, le pont permettant de la franchir s’etant ecroule suite a la tempete de la veille. Nous passons a cote d’une vieille femme, avec son panier, immobile les pieds dans l’eau. Une fois arrive de l’autre bord, je demande a mon guide. ‘ Mais qu’est ce qu’elle attend?’ ‘Elle a peur de traverser me repond-il, elle est la depuis une demi-heure’ Quoi? mais nous devons aller l’aider. Deepak s’y refusera, il a peur de l’eau et a deja eu bien du mal a traverser la riviere. Il ne sait pas nager. Etant plus grand que les Nepalais, l’eau, qui leur arrive a la taille ne m’arrive qu’aux jambes. Je retourne donc en arriere, prends la vieille femme sur mon dos et l’emmene de l’autre cote. Elle me remerciera au moins cent fois, et de mon cote, je repartirai tout fier de ma bonne action de la journee.

Mon appareil photo n’a plus de batterie pendant le dernier jour, ce qui m’empeche d’immortaliser quelques scenes pittoresques de travaux dans les champs, et les visages de la famille qui nous hebergera le dernier jour de trekk. Neanmoins, vous pouvez en voir ici un bon paquet, dont le finish, le retour a Pokkara, epuise.

 

 

 

 

 

 

                                                         le regard toujours franc et amical de ces hommes des montagnes

 

 

 

 

 

 

             Village, chaumieres

Apres le trekk, en arrivant sous la mouson, epuise trempe et plein de souvenirs, … que je vais pouvoir ressasser en dormant un peu. On peut observer ici le mauvais rasage et l’oeil hagard. Dans la rue, les Nepalais m’interpellent. Bonjour, c’etait bien le trekk? (ca se voit tant que ca?). A mon lodge, la petite fille du gerant me voit marcher doucement et boitant, (pourquoi tu marches comme ca? -qund tu seras assez grande pour partir en trekk, tu comprendras…)

 

 

 

 

 

 

 

 

On va a l’ecole, avec le costume, et l’imper puisque c’est la mousson.

 

 

 

 

 

Je ne pouvais voyager sans tester une seance chez le barbier. Le retour de trekk etait l’occasion ideale.

Ca fait un peu peur, la premiere fois, on verifie par trois fois la proprete de la lame et des outils de ‘l’artisant’. Mais ces types la sont vraiment doues. Outre un rasage parfait, on ne sort pas de l’echoppe sans un petit massage du visage et des epaules.

Tout frais, tout lisse, tout requinque. Agreable.

 

 

 

 Ces deux dernieres semaines, j’ai eu l’occasion de teste un maximum d’activites qui m’auront laisse des experiences et des souvenirs inoubliables voire grandioses. Je pars a la recherche de la caserne demain, et ne quitterai pas Pokhara avant de m’etre un minimum remis de mes emotions, de ma fatigue, et de digerer un peu tout ce que j’ai vecu ces derniers jours. Vous serez informez de la suite du parcours d’ici peu.

 

           Extra le parapente…

30/06/2008

9 Réponses pour “L’Aventure en photos”

  1. Redigé par carmela:

    eh ben dis moi!!! super ta petite rando.
    quand je pense que moi je me fais tout un monde des petites 2h30 du jeudi matin avec un autre courageux Raphaël!!! (c’est pas trop dur ? je vais pouvoir y arriver tu crois?) je pense que je ne lui poserais plus ces questions bébetes à l’avenir!!! mais bon toi tu es jeune et plein d’enthousiasme!
    tes articles sont toujours aussi bien écrits… continue
    si non, ton acte de bravoure est à la hauteur de ton caractère: gentil serviable et sincère!
    je t’embrasse . je vais lire la suite…

  2. Redigé par carmela:

    euh… j’ai oublié de te dire
    bien de faire travailler l’artisanat du coin!!!
    en plus t’es tout beau maintenant!

  3. Redigé par Maman et Papa:

    Je ne sais pas si ce sont les sangsues qui t’ont transmis des virus,
    mais je vois que le vol en parapente a laissé des traces,ainsi que le
    virus du voyage,mais pas de soucis,tu verras que le retour n’en est
    que plus agréable. Juste le temps de recharger les batteries avant
    de refaire tourner le globe.
    Prends bien soin de toi.
    Bisous de nous deux.

  4. Redigé par vero:

    Eh bien…. j’avoue que mon voyage en Inde aura été de la gnognotte niveau aventure, comparé au tien!

    Repose toi un peu, j’ai l’impression que tu vis à 100 à l’heure, prends soin de ta santé.. (tu peux par exmple aller te reposer dans la charmante et calme ville d’Udaipur :-) )

    Bise

  5. Redigé par La bande à Jeannot:

    Voilà un épisode digne d’Indiana Jones! On a toujours grand plaisir à suivre tes aventures; c’est palpitant et on n’est pas peu fiers de notre Rapha! Je vais lire la suite moi aussi; grosses grosses bises et à bientôt.
    tata momo

  6. Redigé par Marlène:

    Petit bonjour de Draguignan!
    Je m’apelle Marlène et je suis fille de pompier (mon père travaille au sdis de Draguignan, au service cartographie).
    J’ai vu ton article dans le JSP mag de ma petite soeur et je me suis dit… “Mais il était pas au Lycée en même temps que moi?” et apparemment oui, je me souviens de t’avoir croisé de nombreuses fois dans les couloirs sans pour autant te connaitre!
    Ce qui m’a amené a consulter ton blog et wahou! Tu as vraiment de la chance de faire ce beau et grand voyage!
    Profites bien de cette occasion en or, et unique, et peut être à bientot à Draguicity :)
    La bise
    Marlène

  7. Redigé par maité:g.v.:

    L’aventurier que tu es, deviens le héros d’une saga fantastique. Nous suivons ton périple: admiratifs. Prends bien soin de tes pieds!(C’est l’infirmière qui te parle).Tes images sont sublimes et je suppose que le parapente a fait monter l’adrénaline!Au prochain épisode!

  8. Redigé par Morgan:

    Rien à rajouter, toujours autant de plaisir à lire tes aventures, car je crois que tout le monde est d’accord pour les appeler ainsi !
    Tu as l’air tellement à l’aise, heureux, et conscient de tout ce que tu vis, que l’on se demande dans quel état d’esprit tu rentreras dans notre vieux pays occidental … ?

    Bonne continuation vieux, et prends soin de toi ! :-)

  9. Redigé par Aurélie:

    coucou je suis une amie de floriane je tenais juste a te dire que ce doit être magnifique ce que tu vis et ej te souhaite encore beaucoup de courage et de bonheur, tu manques beaucoup à ta chéri tout comme elle doit te manquer.
    Je trouves que ce que tu fais est remarquable, bon courage pour la suite de ton périple

    gros bisous

Laisser un commentaire